Keyla se laisse enivrer par les deux océans azur qui la
sondent tendrement et la voix envoûtante d’Adam. Un ton
un peu grave qui la fait frissonner à chacun des mots
qu’il prononce. Elle voyage dans un monde aux milles saveurs
toutes plus plaisantes les unes que les autres. Le jeune homme lui
raconte des anecdotes drôles et excitantes qui la
passionnent. Un sourire amusé est accroché à
ses lèvres sans qu’elle ne puisse s’en
départir. Au milieu des récits quelque peu
modifiés pour paraître plus héroïques que
lui narre Adam, elle récolte quelques informations sur son
enfance et sa vie en général. Elle apprend
qu’il a dix-neuf ans et qu’il vit avec son meilleur ami
dans un appartement de la fac. Elle baisse la tête en
l’entendant dire que ses parents sont
décédés alors qu’il n’avait que
dix ans. Elle ressent beaucoup de compassion pour lui, et en
même temps, elle l’admire. Il a l’air si heureux.
Elle, elle n’y arrive pas. Elle a perdu ses deux parents et
cette blessure lui pèse chaque jour. Quant à Josh, si
elle le perdait, elle ne survivrait pas. Il est son souffle vital.
Chaque jour, elle vit avec la crainte qu’il
l’abandonne, car il est sans cesse menacé par des
dangers qui surgissent à l’improviste. Sous son masque
de tranquillité, elle cache une angoisse permanente. La peur
de perdre encore une personne qui lui est chère.
En voyant la mine crispée et triste de Keyla, Adam sent
qu’il a fait une erreur. Il se lève de sa chaise et
prend place juste à côté de son amie. Il la
prend délicatement dans ses bras, comme s’il avait
peur de la briser. La jeune fille lui sourit pour le rassurer. Son
ventre gargouille et elle jette un coup d’œil à
sa montre. Elle se lève d’un bond en découvrant
l’heure. Dans cinq minutes, son premier cours de
l’après-midi commence. Elle n’a pas vu passer le
temps, perdue dans son aventure avec ce garçon qui n’a
pas l’air de s’inquiéter plus que ça de
la situation. Il l’observe en étouffant un petit rire.
Qu’est-ce qu’elle peu être mignonne quand elle
s’inquiète ou qu’elle est en colère,
pense-t-il. Il la saisit par la main et l’entraîne hors
du bar, mais au lieu de prendre la direction de la fac, il part
dans l’autre sens sous le regard impuissant de Keyla. Elle se
débat, mais Adam la tient fermement et l’emmène
à travers la foule. Elle abandonne la bataille et se laisse
guider en priant pour que le professeur ne remarque pas son
absence. Les deux étudiants traversent plusieurs avenues
avant de se retrouver à l’entrée d’un
grand parc. Le jeune homme aux cheveux noirs la tire à
l’intérieur et ils franchissent le portail. Il la
prend par la taille et ils marchent dans l’allée
principale. Keyla rougit en sentant cette main se poser sur sa
hanche. Elle est gênée par cette proximité,
elle n’a pas l’habitude de ce genre de contact. Mais
elle ne se dégage pas, car au fond c’est ce
qu’elle désire depuis le début. Au fil des
minutes, son malaise s’enfuit et elle se sent épanouie
et sereine. Le soleil perce à travers le feuillage
épais des arbres et les éclaire. Ils tournent
à gauche puis débouchent sur un étang
où quelques oiseaux se chamaillent. La lumière
intense apporte des reflets dorés à l’eau qui
est troublée par quelques petites vagues. Adam
s’assied sur le petit rebord de pierre et tend les bras vers
son amie. Il l’incite à s’asseoir sur ses
genoux, et c’est ce qu’elle fait après quelques
petites secondes d’hésitation. Il pose ses mains sur
le ventre de la jeune femme ainsi que son menton sur une de ses
épaules dénudées. Elle sent le souffle chaud
d’Adam dans sa nuque, ce qui la fait frémir de tout
son long. Elle ferme les yeux lorsqu’il lui prend les mains
et les caresse tout approchant sa bouche de son cou. Lorsque ses
lèvres se déposent sur sa peau tendue, elle se
relève pour s’éloigner de quelques pas. Elle
serre les dents et se traite d’idiote. Elle a pris peur pour
un rien et son cœur se serre car elle pense avoir tout
gâché. Mais c’est mal connaître son jeune
ami qui n’est pas près de renoncer. Adam n’a
jamais été de ceux qui abandonnent à peine la
première défaite survenue. Non, il les efface
d’un coup de chiffon et essaye encore jusqu’à
que le succès lui tende les bras.
Pas à pas, comme s’il essayait d’apprivoiser une
créature sauvage, il s’approche de Keyla et lui
attrape le bras pour la retourner avec toute la délicatesse
dont il peut faire preuve. Il tente de capter son regard
émeraude, mais elle s’obstine à fixer le sol,
les joues rougies par la honte. Il lui relève le visage
d’une main ferme.
-Tu n’as pas à avoir peur ni à avoir honte,
murmure-t-il en la rapprochant doucement de lui. Fais-moi
confiance. Je ne te ferais jamais de mal !
La jeune femme ouvre la bouche, mais comme d’habitude, aucun
son ne franchit ses lèvres. Elle réfléchit
quelques instants puis se blottit contre lui pour lui montrer
qu’elle croit à ses paroles. Tant pis si elle fonce
dans un piège. Tant pis si plus tard elle tombe et
s’écorche les genoux. Tant pis. Tout ce qui importe,
c’est cette histoire qui commence. Ce lien qu’ils
construisent entre eux et qui la fait se sentir si
légère. Une sensation qu’elle veut encore
ressentir, même si son corps la fuit pour le moment. Elle
apprendra à contrôler ses instincts de protection pour
profiter pleinement de l’amour que tente de lui offrir
Adam.
Ils passent le reste de l’après-midi dans le parc
à se promener et discuter, par l’intermédiaire
du portable d’Adam. Ils s’écrivent des messages
et laissent le silence bercer leur promenade. Une petite brise
secoue le feuillage vert flamboyant des arbres. Adam évite
tout contact trop rapproché avec Keyla pour ne pas
l’effrayer. Frustrée, c’est la jeune adulte qui
franchit la petite distance qui les sépare et prend la main
de son ami. Son cœur s’accélère sous
l’émotion que lui procure sa propre audace et elle
n’ose pas regarder son compagnon. Elle dépeint
parfaitement le petit sourire en coin qui doit habiter son visage
aux traits doux en ce moment même.
La lumière faibli lentement et Keyla fait comprendre
à Adam qu’il est temps pour elle de rentrer. Elle a
séché les cours tout l’après-midi pour
ses beaux yeux, elle ne va pas en plus inquiéter Maiko et
Shawn qui doivent se demander où elle peut bien
être.
Adam acquiesce à sa demande muette et la guide à
travers les rues encore plus bondées que lors de leur
premier passage. Les passants se pressent dans les magasins pour
faire leurs derniers achats, et les deux amis doivent lutter pour
ne pas se faire entraîner dans la foule de gens qui courent
en toutes directions. Lorsqu’ils arrivent au début de
sa rue, Keyla s’immobilise et fait face au jeune homme qui la
fixe, surpris. Elle ne veut pas que ses « parents » le
voient, elle n’a pas envie d’être assaillie par
leurs questions. Elle lui sourit et s’avance d’un pas
vers lui sans vraiment savoir quoi faire. Elle lui adresse un
regard qui crie « au secours ! » en espérant
qu’il fasse le premier pas. Il comprend le message et
dépose un baiser sur sa joue, puis sur l’effilement de
sa mâchoire, près du cou. Il lui susurre un «
à demain » lourd de sens et s’en va en ne
lâchant sa main que lorsqu’il est trop loin pour
pouvoir la garder entre ses doigts. Il tourne au coin de la rue et
ne peut empêcher un sourire satisfait de
s’étendre sur ses lèvres. Il a bien vu son
regard un peu déçu lorsqu’il est parti. Elle
voulait qu’il l’embrasse, mais il a
décidé de se faire désirer. Parce que plus on
patiente et plus la surprise est appétissante.
Keyla franchit la porte de l’immeuble, l’air
béat. Elle monte dans l’ascenseur en chantonnant dans
sa tête. Une vague de bonheur l’a envahie et une boule
enflammée s’est formée au creux de ses reins.
Elle se sent flotter, voler au-dessus de tous ses problèmes.
Si c’est cela l’amour, elle ne le laissera pas
s’échapper. Jamais.
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Une lumière bleue déchire la nuit noire comme un
éclair lors d’un soir d’orage. Avec un bruit
sourd, Mohan pose ses pieds au sol. Le vent ébouriffe sa
crinière brune et son regard perçant brille dans
l’obscurité comme un brasier ardent,
transperçant le voile sombre et impénétrable
d’un début de soirée dépourvue
d’étoiles. Il balaie les environs de ses yeux
enflammés et, après avoir vérifié
qu’il n’est pas suivi, il avance en direction
d’un bloc d’hôtels luxueux qui trônent
fièrement au milieu du paysage verdoyant. Il
pénètre dans l’un des édifices où
semble se dérouler un copieux banquet dans le restaurant du
rez-de-chaussée. Une bonne centaine de personnes parlent et
rient bruyamment en attendant que le repas soit servi. Mohan
soupire et traverse la salle avec le plus de discrétion
possible. Il se fait aborder par un serveur qui le détaille
de la tête aux pieds, comme sous le choc. Il est vrai que
l’unisien n’est pas en habits de circonstance. Il ne
peut pas espérer passer inaperçu en entrant dans un
hôtel hors de prix vêtu d’un jean troué et
d’un pull déchiré et maculé par la
boue.
Le serveur ouvre la bouche tout en continuant de fixer Mohan avec
stupeur, mais son vis-à-vis le coupe en le saisissant par le
col. Il l’embarque dans le couloir le plus proche et le
plaque contre le mur. Le pauvre employé dévisage son
agresseur, terrifié. Le guerrier brun sort une photographie
de sa poche et la plante devant les yeux de son captif. Il serre sa
poigne autour du col blanc du serveur qui paraît se
liquéfier sur place.
-Ou est-ce qu’ils sont ? tonne Mohan en agitant la
photographie sous le nez de son otage.
L’homme ferme les yeux, s’attendant à recevoir
des coups. L’unisien, dont la patience n’est pas la
première qualité, tente de se contenir mais cette
tentative est vaine. Il n’a aucune envie de perdre son temps.
D’ailleurs, du temps, il n’en a plus. Chaque seconde
est importante, chaque seconde lui est comptée. Le serveur
pousse un cri lorsque le guerrier brun le secoue brutalement. Il
heurte à plusieurs reprises le mur avant d’être
soulevé du sol par la poigne de fer de son agresseur qui
accomplit ces actes avec une facilité déconcertante
et effrayante. Rapidement, la main qui enserre son cou coupe son
souffle. Il se débat, mais Mohan ne faiblit pas. Alors
qu’il est au bord de l’asphyxie, le soldat le
relâche et il s’écrase sur le sol. Il reprend
tant bien que mal sa respiration et lève un regard
apeuré vers celui qui l’étranglait quelques
secondes plus tôt.
-La clé, demande d’une voix faussement calme Mohan
à sa victime.
Le serveur lui lance un regard de défi et mime un non de la
tête tout en se recroquevillant contre le mur. «
C’est que c’est têtu ces bêtes-là
» pense Mohan en soupirant. Il s’approche de sa proie
et le met debout en l’attrapant par la manche. L’homme,
qui tente de dissimuler les tremblements qui agitent ses membres,
lève les yeux vers l’unisien. Devant ce regard rouge
qui le transperce, le pauvre garçon abdique. Il hoche la
tête, de la terreur au fond des yeux et part en courant,
direction l’accueil. Il réapparaît quelques
minutes plus tard, un jeu de clé dans sa main agitée
de spasmes. Le guerrier à la crinière brune le lui
arrache des mains et fait volte-face. Il disparaît dans
l’ascenseur le plus proche en murmurant à sa victime
d’un ton menaçant :
-Je te surveille...
Le serveur se laisse glisser contre le mur en haletant. Il jette
plusieurs coups d’oeils effrayés en direction de
l’ascenseur pour être sûr que son agresseur est
parti. Il se lève en sursaut lorsque son patron le
réprimande et il se remet au travail.
Mohan observe la scène en étouffant un rire puis
appuie sur le bouton du 6e étage. Ces humains, tous des
poules mouillées.
Un petit bruit aigu lui indique qu’il est arrivé
à destination. Il sort du monte-charge tout en
vérifiant qu’il est bien seul dans le couloir. Tout au
bout du corridor, il distingue le chiffre 666 incrusté en
lettres argentées dans une porte noire. Un petit sourire
triomphant naît sur ses lèvres et rend son visage plus
humain. Il progresse à pas de loup jusqu’au bout du
couloir et s’arrête devant la porte qui garde ses
ennemis les plus redoutable. Pas seulement ses ennemis. Ceux de
l'univers tout entier.
Des éclats de voix proviennent de l’intérieur.
Il y a une femme et un homme. Addison et l’un de ses nouveaux
alliés. Un certain Lukas Mallow s’il s’en
souvient bien. Un jeune homme d’une vingtaine
d’années qui est déjà très
influent sur terre. Ses nombreux contacts lui permettent
d’outrepasser les lois à volonté sans risquer
un séjour derrière les barreaux. Un homme tout aussi
diabolique que lui-même l’était il y a dix ans.
Addison à bien choisi ses nouveaux amis. Avec ce salaud
à ses côtés, elle possède une arme de
choix.
Les voix se calment, Mohan ne distingue plus les mots qui sont
prononcés par ses deux adversaires. Il colle son oreille
contre la porte et y jette un charme pour que le son la traverse
comme s’il n’y avait aucun obstacle et qu’il
puisse voir à travers. Chaque mot parvient maintenant
à ses oreilles aussi clairement que s’il se trouvait
à côté d’eux et le bois devient comme une
vitre aussi transparente que l’air.
-Débrouille-toi pour que Shawn et Keyla ne soient pas chez
eux ce soir, ordonne Addison à Lukas en arpentant la
pièce sur ses talons aiguille. Je pourrait ainsi
m’introduire chez les Peters sans trop de difficultés
et prendre les deux gamins. Ensuite, il ne restera plus
qu’à voler la pierre, en sacrifier un, liquider
l’autre, et nous pourrons passer à la deuxième
étape du plan.
-Et Maiko ?, demande Lukas en s’asseyant sur un
fauteuil.
-Maiko n’est pas un problème. Elle est faible,
vulnérable. Je l’éliminerai en moins de temps
qu’il ne faut pour le dire, se délecte la femme rousse
en caressant le lame du couteau qui est coincé dans sa
ceinture.
Un silence s’installe dans la chambre. Addison s’appuie
contre le mur et fixe Lukas qui passe une main dans ses cheveux
bruns en bataille.
-Et l’autre partie du plan ? La merveilleuse idée que
tu a eue fonctionne-t-elle ?, l’interroge la tueuse en
s’approchant de lui.
-On ne peut mieux. Tout est parfait. C’en est presque trop
facile, répond Lukas en souriant.
Le jeune homme se saisit du verre qui est posé près
de lui et le porte à ses lèvres. Il boit une
gorgée d’alcool et jette le récipient au sol.
Addison rit et pose une autre question à son acolyte.
-Et la mission que je t’ai donnée ?
-Je n’ai encore rien fait. C’est trop tôt,
explique l’homme brun en s’enfonçant un peu plus
dans le dossier de son siège. Mais je ne vais pas tarder
à mettre tout ça à exécution.
-Je compte sur toi, ne me déçois pas, souffle Addison
en caressant la joue de son nouvel ami.
Elle sonde ses yeux bleu clair qui brillent de
détermination.
Lukas ouvre la bouche mais Mohan ne peut pas entendre la suite de
cette conversation qui lui a fait serrer les poings
jusqu’à en blanchir complètement les jointures
de ses mains. Un doigt agité tapote son épaule et une
voix pleine de reproche l’interpelle. Il se retourne et se
retrouve face à un homme de grande carrure qui le fixe
d’un air mauvais. Il a l’air plus que contrarié.
Mohan, qui n’est pas d’humeur à discuter, et
surtout, qui n’est pas d’humeur à être
interrompu par un hurluberlu pareil, pousse ce fauteur de trouble
en arrière. L’homme recule de quelques pas sous la
puissance du coup et se prend les pieds dans le tapis. Il
s’étale par terre sous le regard irrité du
guerrier brun. « Je vais lui apprendre les bonnes
manière à cette larve moi ! » peste-t-il dans
sa tête.
-Un problème ?, s’indigne l’unisien en posant
violemment son pied sur le torse de son interlocuteur, toujours
étalé sur le sol.
L’homme le regarde, effrayé. Il ne répond pas,
ce qui énerve encore plus le soldat brun. Il est
bouché ou quoi cet abruti ?
-T’as perdu ta langue espèce d’imbécile ?
Répond !, crie Mohan qui a perdu toute sa patience.
Ce n’est pas son jour. Ils ont vraiment décidé
de lui rendre la vie dure ces humains. Toujours à
traîner dans ses pattes quand il ne faut pas. De vraies
sangsues.
L’homme à terre met ses mains devant son visage et se
met à hurler. Mohan soupire. Il ne manquait plus que
ça. Il ne manquait plus que cet abruti se mette à
crier en plein milieu du couloir, juste devant la porte
d’Addison et Lukas. Non, décidemment, ce n’est
vraiment pas son jour.
IL entend des talons claquer sur le sol et se rapprocher de la
porte 666. Le cri de sa victime est parvenu aux oreilles
d’Addison. Quoi de plus normal au vu du son suraigu que le
pauvre humain produit.
-Crétin !, s’emporte Mohan en enfonçant son
pied une dernière fois sur la poitrine de son captif, ce qui
fait mourir le cri du pauvre homme au fond de sa gorge.
Il disparaît dans un éclair bleu juste avant que la
porte ne s’ouvre sur une chevelure rousse et un regard brun
clair et assassin. Addison scrute le couloir à la recherche
d’une présence ennemie. Une présence
qu’elle ne connaît que trop bien. Elle l’a senti.
Ce traître. Cet enfoiré est revenu. Elle serre les
poings. Elle sent encore son odeur dans le couloir. Pas question
qu’il contrecarre ses plans. Elle baisse les yeux et fusille
du regard le pauvre homme qui est toujours allongé sur le
sol, les yeux perdus dans le vague. Elle fait volte-face et claque
la porte de l’appartement.
-Lukas !, vocifère-t-elle. Changement de plan, il y a un
imprévu.
Le jeune homme la dévisage, à la recherche
d’une réponse. Il sourit lorsqu’il croise le
regard de la tueuse. L’adrénaline monte dans son
corps. Cette nuit promet d’être sanglante.
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Plusieurs heures se sont écoulées, la soirée
est déjà bien avancée. Mohan
n’accède que maintenant à l’appartement
de Maiko et Shawn Peters. Il a été poursuivi par un
espion et n’a pas réussi à le semer facilement.
Maintenant débarrassé de ce fardeau, il toque
à la porte qui le sépare de ses amis. Shawn vient lui
ouvrir et l’accueille avec un grand sourire. L’unisien
le détaille, inquiet. Son ami porte son manteau et sa
mallette gît près de la porte. Il
s’apprête à partir. Lukas n’a pas
manqué de mettre son plan à exécution. Il faut
qu’il agisse, et vite, avant qu’il ne soit trop
tard.
-Keyla est ici ? s’enquit Mohan en fixant son ami dans les
yeux.
-Oui, elle est dans sa chambre, mais je crois qu’elle se
prépare pour aller au château, Josh lui manque,
répond Shawn en souriant un peu plus.
Le soldat soupire de soulagement et entre dans l’appartement
en poussant Shawn en arrière. L’avocat proteste en
vain.
-Reste ici ! lui ordonne l’unisien en se dirigeant vers la
chambre du couple.
-Mais je dois partir, il y a un problème au cabinet,
c’est urgent ! s’énerve l’homme aux yeux
gris en esquissant un pas vers la sortie.
-Ne bouge pas !
Le ton de Mohan est si dur que Shawn s’immobilise et attend
que son ami revienne. Il soupire. La situation lui échappe
et il n’aime pas ça, il déteste quand il ne
contrôle rien et qu’il n’est pas au courant de
tout ce qui se trame autour de lui. Mohan surgit dans la
pièce accompagné de Maiko et Keyla. Il prend une
grand inspiration et explique tout d’une traite à la
petit famille qui semble s’effondrer au fur et à
mesure que son récit avance.
-Je ne comprend pas pourquoi ils en veulent à nos enfants,
dit Maiko en fixant le soldat brun.
-C’est simple. Ils veulent détruire la pierre.
Maintenant que Keyla est adulte, ils doivent trouver un autre
enfant à sacrifier, soupire Mohan, fatigué par cette
guerre pour le pouvoir qui a déjà fait trop de
victimes.
Maiko baisse les yeux et fixe le sol. La peur s’empare petit
à petit de son cœur. Ils veulent tuer ses enfants. Ces
deux petits êtres adorables et innocents. Il veulent les
tuer. Ils veulent les...
Mohan la saisit par les épaules et lui dit d’aller les
chercher. Elle s’exécute et revient quelques minutes
plus tard, les deux bébés dans ses bras. La femme aux
longs cheveux noirs se saisit de la perle verte qu’elle porte
à son poignet et lance un dernier regard de gratitude
à Mohan avant de disparaître. Keyla prend à son
tour une perle verte entre ses mains et se téléporte
sur Unisus, en sécurité auprès de Josh et sa
garde rapprochée. Au moment où sa silhouette
s’efface, deux personne entrent dans la pièce en
défonçant la porte de l’appartement. Addison et
Lukas font face aux deux amis qui ont reculé de quelques
pas. Mohan empoigne Shawn par son manteau et le pousse
derrière lui pendant que les deux assassins
s’approchent d’eux avec lenteur, un sourire malsain
accroché aux lèvres.
-Tiens, un revenant, clame Addison en brandissant un couteau.
Elle passe d’un geste vif la lame sur sa gorge pour provoquer
son ancien allié.
-Je n’aime pas que tu viennes fourrer ton nez dans mes
affaires Mohan, poursuit la femme rousse en continuant de
s’approcher de ses ennemis pas à pas. Je te laisse une
chance. Si tu t’en vas, que tu sors de leur vie et de la
mienne par la même occasion, et que tu me laisse agir
librement, tu sauves ta peau. Si tu restes ici, tu meurs. Je ne te
laisserai pas me mettre des bâtons dans les roues une fois de
plus. Tu as deux minutes pour réfléchir. Fais le bon
choix.
Les secondes s’écoulent au ralenti. Addison regarde
l’horloge fixée au mur et secoue la tête. Elle
sonde son adversaire qui lui fait toujours face.
-Très bien, tu as fais ton choix, souffle-t-elle en serrant
ses doigts autour du manche de son arme. Très courageux,
mais totalement stupide.
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