Chapitre 5: Porte 666  (Plus jamais (en cours)) posté le samedi 17 mai 2008 20:06

Keyla se laisse enivrer par les deux océans azur qui la sondent tendrement et la voix envoûtante d’Adam. Un ton un peu grave qui la fait frissonner à chacun des mots qu’il prononce. Elle voyage dans un monde aux milles saveurs toutes plus plaisantes les unes que les autres. Le jeune homme lui raconte des anecdotes drôles et excitantes qui la passionnent. Un sourire amusé est accroché à ses lèvres sans qu’elle ne puisse s’en départir. Au milieu des récits quelque peu modifiés pour paraître plus héroïques que lui narre Adam, elle récolte quelques informations sur son enfance et sa vie en général. Elle apprend qu’il a dix-neuf ans et qu’il vit avec son meilleur ami dans un appartement de la fac. Elle baisse la tête en l’entendant dire que ses parents sont décédés alors qu’il n’avait que dix ans. Elle ressent beaucoup de compassion pour lui, et en même temps, elle l’admire. Il a l’air si heureux. Elle, elle n’y arrive pas. Elle a perdu ses deux parents et cette blessure lui pèse chaque jour. Quant à Josh, si elle le perdait, elle ne survivrait pas. Il est son souffle vital. Chaque jour, elle vit avec la crainte qu’il l’abandonne, car il est sans cesse menacé par des dangers qui surgissent à l’improviste. Sous son masque de tranquillité, elle cache une angoisse permanente. La peur de perdre encore une personne qui lui est chère.
En voyant la mine crispée et triste de Keyla, Adam sent qu’il a fait une erreur. Il se lève de sa chaise et prend place juste à côté de son amie. Il la prend délicatement dans ses bras, comme s’il avait peur de la briser. La jeune fille lui sourit pour le rassurer. Son ventre gargouille et elle jette un coup d’œil à sa montre. Elle se lève d’un bond en découvrant l’heure. Dans cinq minutes, son premier cours de l’après-midi commence. Elle n’a pas vu passer le temps, perdue dans son aventure avec ce garçon qui n’a pas l’air de s’inquiéter plus que ça de la situation. Il l’observe en étouffant un petit rire. Qu’est-ce qu’elle peu être mignonne quand elle s’inquiète ou qu’elle est en colère, pense-t-il. Il la saisit par la main et l’entraîne hors du bar, mais au lieu de prendre la direction de la fac, il part dans l’autre sens sous le regard impuissant de Keyla. Elle se débat, mais Adam la tient fermement et l’emmène à travers la foule. Elle abandonne la bataille et se laisse guider en priant pour que le professeur ne remarque pas son absence. Les deux étudiants traversent plusieurs avenues avant de se retrouver à l’entrée d’un grand parc. Le jeune homme aux cheveux noirs la tire à l’intérieur et ils franchissent le portail. Il la prend par la taille et ils marchent dans l’allée principale. Keyla rougit en sentant cette main se poser sur sa hanche. Elle est gênée par cette proximité, elle n’a pas l’habitude de ce genre de contact. Mais elle ne se dégage pas, car au fond c’est ce qu’elle désire depuis le début. Au fil des minutes, son malaise s’enfuit et elle se sent épanouie et sereine. Le soleil perce à travers le feuillage épais des arbres et les éclaire. Ils tournent à gauche puis débouchent sur un étang où quelques oiseaux se chamaillent. La lumière intense apporte des reflets dorés à l’eau qui est troublée par quelques petites vagues. Adam s’assied sur le petit rebord de pierre et tend les bras vers son amie. Il l’incite à s’asseoir sur ses genoux, et c’est ce qu’elle fait après quelques petites secondes d’hésitation. Il pose ses mains sur le ventre de la jeune femme ainsi que son menton sur une de ses épaules dénudées. Elle sent le souffle chaud d’Adam dans sa nuque, ce qui la fait frémir de tout son long. Elle ferme les yeux lorsqu’il lui prend les mains et les caresse tout approchant sa bouche de son cou. Lorsque ses lèvres se déposent sur sa peau tendue, elle se relève pour s’éloigner de quelques pas. Elle serre les dents et se traite d’idiote. Elle a pris peur pour un rien et son cœur se serre car elle pense avoir tout gâché. Mais c’est mal connaître son jeune ami qui n’est pas près de renoncer. Adam n’a jamais été de ceux qui abandonnent à peine la première défaite survenue. Non, il les efface d’un coup de chiffon et essaye encore jusqu’à que le succès lui tende les bras.
Pas à pas, comme s’il essayait d’apprivoiser une créature sauvage, il s’approche de Keyla et lui attrape le bras pour la retourner avec toute la délicatesse dont il peut faire preuve.  Il tente de capter son regard émeraude, mais elle s’obstine à fixer le sol, les joues rougies par la honte. Il lui relève le visage d’une main ferme.

-Tu n’as pas à avoir peur ni à avoir honte, murmure-t-il en la rapprochant doucement de lui. Fais-moi confiance. Je ne te ferais jamais de mal !

La jeune femme ouvre la bouche, mais comme d’habitude, aucun son ne franchit ses lèvres. Elle réfléchit quelques instants puis se blottit contre lui pour lui montrer qu’elle croit à ses paroles. Tant pis si elle fonce dans un piège. Tant pis si plus tard elle tombe et s’écorche les genoux. Tant pis. Tout ce qui importe, c’est cette histoire qui commence. Ce lien qu’ils construisent entre eux et qui la fait se sentir si légère. Une sensation qu’elle veut encore ressentir, même si son corps la fuit pour le moment. Elle apprendra à contrôler ses instincts de protection pour profiter pleinement de l’amour que tente de lui offrir Adam.

Ils passent le reste de l’après-midi dans le parc à se promener et discuter, par l’intermédiaire du portable d’Adam. Ils s’écrivent des messages et laissent le silence bercer leur promenade. Une petite brise secoue le feuillage vert flamboyant des arbres. Adam évite tout contact trop rapproché avec Keyla pour ne pas l’effrayer. Frustrée, c’est la jeune adulte qui franchit la petite distance qui les sépare et prend la main de son ami. Son cœur s’accélère sous l’émotion que lui procure sa propre audace et elle n’ose pas regarder son compagnon. Elle dépeint parfaitement le petit sourire en coin qui doit habiter son visage aux traits doux en ce moment même.
La lumière faibli lentement et Keyla fait comprendre à Adam qu’il est temps pour elle de rentrer. Elle a séché les cours tout l’après-midi pour ses beaux yeux, elle ne va pas en plus inquiéter Maiko et Shawn qui doivent se demander où elle peut bien être.
Adam acquiesce à sa demande muette et la guide à travers les rues encore plus bondées que lors de leur premier passage. Les passants se pressent dans les magasins pour faire leurs derniers achats, et les deux amis doivent lutter pour ne pas se faire entraîner dans la foule de gens qui courent en toutes directions. Lorsqu’ils arrivent au début de sa rue, Keyla s’immobilise et fait face au jeune homme qui la fixe, surpris. Elle ne veut pas que ses « parents » le voient, elle n’a pas envie d’être assaillie par leurs questions. Elle lui sourit et s’avance d’un pas vers lui sans vraiment savoir quoi faire. Elle lui adresse un regard qui crie « au secours ! » en espérant qu’il fasse le premier pas. Il comprend le message et dépose un baiser sur sa joue, puis sur l’effilement de sa mâchoire, près du cou. Il lui susurre un « à demain »  lourd de sens et s’en va en ne lâchant sa main que lorsqu’il est trop loin pour pouvoir la garder entre ses doigts. Il tourne au coin de la rue et ne peut empêcher un sourire satisfait de s’étendre sur ses lèvres. Il a bien vu son regard un peu déçu lorsqu’il est parti. Elle voulait qu’il l’embrasse, mais il a décidé de se faire désirer. Parce que plus on patiente et plus la surprise est appétissante.
Keyla franchit la porte de l’immeuble, l’air béat. Elle monte dans l’ascenseur en chantonnant dans sa tête. Une vague de bonheur l’a envahie et une boule enflammée s’est formée au creux de ses reins. Elle se sent flotter, voler au-dessus de tous ses problèmes. Si c’est cela l’amour, elle ne le laissera pas s’échapper. Jamais.

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Une lumière bleue déchire la nuit noire comme un éclair lors d’un soir d’orage. Avec un bruit sourd, Mohan pose ses pieds au sol. Le vent ébouriffe sa crinière brune et son regard perçant brille dans l’obscurité comme un brasier ardent, transperçant le voile sombre et impénétrable d’un début de soirée dépourvue d’étoiles. Il balaie les environs de ses yeux enflammés et, après avoir vérifié qu’il n’est pas suivi, il avance en direction d’un bloc d’hôtels luxueux qui trônent fièrement au milieu du paysage verdoyant. Il pénètre dans l’un des édifices où semble se dérouler un copieux banquet dans le restaurant du rez-de-chaussée. Une bonne centaine de personnes parlent et rient bruyamment en attendant que le repas soit servi. Mohan soupire et traverse la salle avec le plus de discrétion possible. Il se fait aborder par un serveur qui le détaille de la tête aux pieds, comme sous le choc. Il est vrai que l’unisien n’est pas en habits de circonstance. Il ne peut pas espérer passer inaperçu en entrant dans un hôtel hors de prix vêtu d’un jean troué et d’un pull déchiré et maculé par la boue.
Le serveur ouvre la bouche tout en continuant de fixer Mohan avec stupeur, mais son vis-à-vis le coupe en le saisissant par le col. Il l’embarque dans le couloir le plus proche et le plaque contre le mur. Le pauvre employé dévisage son agresseur, terrifié. Le guerrier brun sort une photographie de sa poche et la plante devant les yeux de son captif. Il serre sa poigne autour du col blanc du serveur qui paraît se liquéfier sur place.

-Ou est-ce qu’ils sont ? tonne Mohan en agitant la photographie sous le nez de son otage.

L’homme ferme les yeux, s’attendant à recevoir des coups. L’unisien, dont la patience n’est pas la première qualité, tente de se contenir mais cette tentative est vaine. Il n’a aucune envie de perdre son temps. D’ailleurs, du temps, il n’en a plus. Chaque seconde est importante, chaque seconde lui est comptée. Le serveur pousse un cri lorsque le guerrier brun le secoue brutalement. Il heurte à plusieurs reprises le mur avant d’être soulevé du sol par la poigne de fer de son agresseur qui accomplit ces actes avec une facilité déconcertante et effrayante. Rapidement, la main qui enserre son cou coupe son souffle. Il se débat, mais Mohan ne faiblit pas. Alors qu’il est au bord de l’asphyxie, le soldat le relâche et il s’écrase sur le sol. Il reprend tant bien que mal sa respiration et lève un regard apeuré vers celui qui l’étranglait quelques secondes plus tôt.

-La clé, demande d’une voix faussement calme Mohan à sa victime.

Le serveur lui lance un regard de défi et mime un non de la tête tout en se recroquevillant contre le mur. « C’est que c’est têtu ces bêtes-là » pense Mohan en soupirant. Il s’approche de sa proie et le met debout en l’attrapant par la manche. L’homme, qui tente de dissimuler les tremblements qui agitent ses membres, lève les yeux vers l’unisien. Devant ce regard rouge qui le transperce, le pauvre garçon abdique. Il hoche la tête, de la terreur au fond des yeux et part en courant, direction l’accueil. Il réapparaît quelques minutes plus tard, un jeu de clé dans sa main agitée de spasmes. Le guerrier à la crinière brune le lui arrache des mains et fait volte-face. Il disparaît dans l’ascenseur le plus proche en murmurant à sa victime d’un ton menaçant :

-Je te surveille...

Le serveur se laisse glisser contre le mur en haletant. Il jette plusieurs coups d’oeils effrayés en direction de l’ascenseur pour être sûr que son agresseur est parti. Il se lève en sursaut lorsque son patron le réprimande et il se remet au travail.
Mohan observe la scène en étouffant un rire puis appuie sur le bouton du 6e étage. Ces humains, tous des poules mouillées.
Un petit bruit aigu lui indique qu’il est arrivé à destination. Il sort du monte-charge tout en vérifiant qu’il est bien seul dans le couloir. Tout au bout du corridor, il distingue le chiffre 666 incrusté en lettres argentées dans une porte noire. Un petit sourire triomphant naît sur ses lèvres et rend son visage plus humain. Il progresse à pas de loup jusqu’au bout du couloir et s’arrête devant la porte qui garde ses ennemis les plus redoutable. Pas seulement ses ennemis. Ceux de l'univers tout entier.
Des éclats de voix proviennent de l’intérieur. Il y a une femme et un homme. Addison et l’un de ses nouveaux alliés. Un certain Lukas Mallow s’il s’en souvient bien. Un jeune homme d’une vingtaine d’années qui est déjà très influent sur terre. Ses nombreux contacts lui permettent d’outrepasser les lois à volonté sans risquer un séjour derrière les barreaux. Un homme tout aussi diabolique que lui-même l’était il y a dix ans. Addison à bien choisi ses nouveaux amis. Avec ce salaud à ses côtés, elle possède une arme de choix.
Les voix se calment, Mohan ne distingue plus les mots qui sont prononcés par ses deux adversaires. Il colle son oreille contre la porte et y jette un charme pour que le son la traverse comme s’il n’y avait aucun obstacle et qu’il puisse voir à travers. Chaque mot parvient maintenant à ses oreilles aussi clairement que s’il se trouvait à côté d’eux et le bois devient comme une vitre aussi transparente que l’air.

-Débrouille-toi pour que Shawn et Keyla ne soient pas chez eux ce soir, ordonne Addison à Lukas en arpentant la pièce sur ses talons aiguille. Je  pourrait ainsi m’introduire chez les Peters sans trop de difficultés et prendre les deux gamins. Ensuite, il ne restera plus qu’à voler la pierre, en sacrifier un, liquider l’autre, et nous pourrons passer à la deuxième étape du plan.

-Et Maiko ?, demande Lukas en s’asseyant sur un fauteuil.

-Maiko n’est pas un problème. Elle est faible, vulnérable. Je l’éliminerai en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, se délecte la femme rousse en caressant le lame du couteau qui est coincé dans sa ceinture.

Un silence s’installe dans la chambre. Addison s’appuie contre le mur et fixe Lukas qui passe une main dans ses cheveux bruns en bataille.

-Et l’autre partie du plan ? La merveilleuse idée que tu a eue fonctionne-t-elle ?, l’interroge la tueuse en s’approchant de lui.

-On ne peut mieux. Tout est parfait. C’en est presque trop facile, répond Lukas en souriant.

Le jeune homme se saisit du verre qui est posé près de lui et le porte à ses lèvres. Il boit une gorgée d’alcool et jette le récipient au sol. Addison rit et pose une autre question à son acolyte.

-Et la mission que je t’ai donnée ?

-Je n’ai encore rien fait. C’est trop tôt, explique l’homme brun en s’enfonçant un peu plus dans le dossier de son siège. Mais je ne vais pas tarder à mettre tout ça à exécution.

-Je compte sur toi, ne me déçois pas, souffle Addison en caressant la joue de son nouvel ami.

Elle sonde ses yeux bleu clair qui brillent de détermination.

Lukas ouvre la bouche mais Mohan ne peut pas entendre la suite de cette conversation qui lui a fait serrer les poings jusqu’à en blanchir complètement les jointures de ses mains. Un doigt agité tapote son épaule et une voix pleine de reproche l’interpelle. Il se retourne et se retrouve face à un homme de grande carrure qui le fixe d’un air mauvais. Il a l’air plus que contrarié. Mohan, qui n’est pas d’humeur à discuter, et surtout, qui n’est pas d’humeur à être interrompu par un hurluberlu pareil, pousse ce fauteur de trouble en arrière. L’homme recule de quelques pas sous la puissance du coup et se prend les pieds dans le tapis. Il s’étale par terre sous le regard irrité du guerrier brun. « Je vais lui apprendre les bonnes manière à cette larve moi ! » peste-t-il dans sa tête.

-Un problème ?, s’indigne l’unisien en posant violemment son pied sur le torse de son interlocuteur, toujours étalé sur le sol.

L’homme le regarde, effrayé. Il ne répond pas, ce qui énerve encore plus le soldat brun. Il est bouché ou quoi cet abruti ?

-T’as perdu ta langue espèce d’imbécile ? Répond !, crie Mohan qui a perdu toute sa patience.

Ce n’est pas son jour. Ils ont vraiment décidé de lui rendre la vie dure ces humains. Toujours à traîner dans ses pattes quand il ne faut pas. De vraies sangsues.
L’homme à terre met ses mains devant son visage et se met à hurler. Mohan soupire. Il ne manquait plus que ça. Il ne manquait plus que cet abruti se mette à crier en plein milieu du couloir, juste devant la porte d’Addison et Lukas. Non, décidemment, ce n’est vraiment pas son jour.

IL entend des talons claquer sur le sol et se rapprocher de la porte 666. Le cri de sa victime est parvenu aux oreilles d’Addison. Quoi de plus normal au vu du son suraigu que le pauvre humain produit.

-Crétin !, s’emporte Mohan en enfonçant son pied une dernière fois sur la poitrine de son captif, ce qui fait mourir le cri du pauvre homme au fond de sa gorge.

Il disparaît dans un éclair bleu juste avant que la porte ne s’ouvre sur une chevelure rousse et un regard brun clair et assassin. Addison scrute le couloir à la recherche d’une présence ennemie. Une présence qu’elle ne connaît que trop bien. Elle l’a senti. Ce traître. Cet enfoiré est revenu. Elle serre les poings. Elle sent encore son odeur dans le couloir. Pas question qu’il contrecarre ses plans. Elle baisse les yeux et fusille du regard le pauvre homme qui est toujours allongé sur le sol, les yeux perdus dans le vague. Elle fait volte-face et claque la porte de l’appartement.

-Lukas !, vocifère-t-elle. Changement de plan, il y a un imprévu.

Le jeune homme la dévisage, à la recherche d’une réponse. Il sourit lorsqu’il croise le regard de la tueuse. L’adrénaline monte dans son corps. Cette nuit promet d’être sanglante.

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Plusieurs heures se sont écoulées, la soirée est déjà bien avancée. Mohan n’accède que maintenant à l’appartement de Maiko et Shawn Peters. Il a été poursuivi par un espion et n’a pas réussi à le semer facilement. Maintenant débarrassé de ce fardeau, il toque à la porte qui le sépare de ses amis. Shawn vient lui ouvrir et l’accueille avec un grand sourire. L’unisien le détaille, inquiet. Son ami porte son manteau et sa mallette gît près de la porte. Il s’apprête à partir. Lukas n’a pas manqué de mettre son plan à exécution. Il faut qu’il agisse, et vite, avant qu’il ne soit trop tard.

-Keyla est ici ? s’enquit Mohan en fixant son ami dans les yeux.

-Oui, elle est dans sa chambre, mais je crois qu’elle se prépare pour aller au château, Josh lui manque, répond Shawn en souriant un peu plus.

Le soldat soupire de soulagement et entre dans l’appartement en poussant Shawn en arrière. L’avocat proteste en vain.

-Reste ici ! lui ordonne l’unisien en se dirigeant vers la chambre du couple.

-Mais je dois partir, il y a un problème au cabinet, c’est urgent ! s’énerve l’homme aux yeux gris en esquissant un pas vers la sortie.

-Ne bouge pas !

Le ton de Mohan est si dur que Shawn s’immobilise et attend que son ami revienne. Il soupire. La situation lui échappe et il n’aime pas ça, il déteste quand il ne contrôle rien et qu’il n’est pas au courant de tout ce qui se trame autour de lui. Mohan surgit dans la pièce accompagné de Maiko et Keyla. Il prend une grand inspiration et explique tout d’une traite à la petit famille qui semble s’effondrer au fur et à mesure que son récit avance.

-Je ne comprend pas pourquoi ils en veulent à nos enfants, dit Maiko en fixant le soldat brun.

-C’est simple. Ils veulent détruire la pierre. Maintenant que Keyla est adulte, ils doivent trouver un autre enfant à sacrifier, soupire Mohan, fatigué par cette guerre pour le pouvoir qui a déjà fait trop de victimes.

Maiko baisse les yeux et fixe le sol. La peur s’empare petit à petit de son cœur. Ils veulent tuer ses enfants. Ces deux petits êtres adorables et innocents. Il veulent les tuer. Ils veulent les...
Mohan la saisit par les épaules et lui dit d’aller les chercher. Elle s’exécute et revient quelques minutes plus tard, les deux bébés dans ses bras. La femme aux longs cheveux noirs se saisit de la perle verte qu’elle porte à son poignet et lance un dernier regard de gratitude à Mohan avant de disparaître. Keyla prend à son tour une perle verte entre ses mains et se téléporte sur Unisus, en sécurité auprès de Josh et sa garde rapprochée. Au moment où sa silhouette s’efface, deux personne entrent dans la pièce en défonçant la porte de l’appartement. Addison et Lukas font face aux deux amis qui ont reculé de quelques pas. Mohan empoigne Shawn par son manteau et le pousse derrière lui pendant que les deux assassins s’approchent d’eux avec lenteur, un sourire malsain accroché aux lèvres.

-Tiens, un revenant, clame Addison en brandissant un couteau.

Elle passe d’un geste vif la lame sur sa gorge pour provoquer son ancien allié.

-Je n’aime pas que tu viennes fourrer ton nez dans mes affaires Mohan, poursuit la femme rousse en continuant de s’approcher de ses ennemis pas à pas. Je te laisse une chance. Si tu t’en vas, que tu sors de leur vie et de la mienne par la même occasion, et que tu me laisse agir librement, tu sauves ta peau. Si tu restes ici, tu meurs. Je ne te laisserai pas me mettre des bâtons dans les roues une fois de plus. Tu as deux minutes pour réfléchir. Fais le bon choix.

Les secondes s’écoulent au ralenti. Addison regarde l’horloge fixée au mur et secoue la tête. Elle sonde son adversaire qui lui fait toujours face.

-Très bien, tu as fais ton choix, souffle-t-elle en serrant ses doigts autour du manche de son arme. Très courageux, mais totalement stupide.


 

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