Le prix du silence (en cours)

Présentation  (Le prix du silence (en cours)) posté le mercredi 13 février 2008 23:52

Le prix du silence

Parfois, il vaut mieux parler et ne pas garder les choses pour soi. On regrette souvent de ne rien avoir dit, de ne pas avoir agi. Se taire n'est pas toujours la solution, car les secrets les plus lourds finissent toujours par remonter à la surface...

 

 

*La narration sera faite par différents personnages de l'histoire selon les chapitre, le nom du personnage sera toujours indiqué en début de chapitre.*

 

 

Avertissement: Cette histoire  traîtera entre autre d'homosexualité, donc pour ceux que ça dérangerait, il ne faut tout simplement pas lire.

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Prologue  (Le prix du silence (en cours)) posté le mercredi 13 février 2008 23:53

(Narration : Nathan)

L’obscurité est totale. Un souffle glacial parcourt mon corps et me fait frémir sous sa caresse angoissante. Un silence effrayant emballe mon cœur qui bat au rythme de ma respiration saccadée. Sous mon corps allongé à terre, je sens un surface froide et lisse, mais aussi un liquide tiède. Une odeur terrifiante emplit mes narines. J’ai l’impression que la mort se tient à côté de moi et me fixe de ses yeux perçants. Un poids démesuré semble me compresser les membres. Petit à petit, mes sens recouvrent pleinement leur fonction et la brume qui m’embrouillait l’esprit se dissipe pour laisser place à la réalité. Une vérité qu’on préfère parfois cacher, oublier, effacer. Des questions sans réponses me martèlent le crâne. Je soulève mes paupières, ce qui me permet de distinguer les contours d’un autre corps près de moi, malgré l’absence de lumière dans la pièce. Je tente de me relever, mais mes muscles engourdis par un froid et une fatigue foudroyants ne me répondent pas. Je panique en sentant ce liquide tiède sous mon corps se répandre un peu plus et affluer sous mon visage.
Après un effort surhumain pour sortir mes membres de leur léthargie, je réussis à me dresser sur mes jambes flageolantes. Je plisse les paupières afin d’habituer mes pupilles à l’obscurité. Mon regard se braque sur le corps inerte qui me tient compagnie et qui semble abandonné par toute forme de vie. Je m’en approche à pas de loup, le cœur battant à tout rompre. Des gouttes de sueur froides dégringolent le long de mon dos et de mon visage, mes mains tremblent. Je sursaute lorsque je pose un de mes pieds nu dans la flaque de sang qui entoure le cadavre. Je retiens mon souffle quelques secondes puis m’agenouille près du corps inerte. Un frisson m’envahit, je passe mes mains sur mon corps presque entièrement dénudé. Je cligne des yeux plusieurs fois, mais je dois me rendre à l’évidence. Je ne suis pas entrain de rêver. Ce cauchemar est bien réel.

Je reporte mon attention sur le seul être qui est à ma portée. Je pose mes doigts sur son visage d’une blancheur cadavérique. C’est une femme. Un très belle femme. Je parcours tout son corps du regard. Elle est nue. Une plaie béante traverse tout son torse, du sang coule le long de sa peau lisse. Je retiens un cri d’horreur et porte une main à ma bouche. Je suis pris de nausées. Ce que je viens de voir me retourne les entrailles. Sa poitrine est ouverte, laissant entrevoir sa cage thoracique vide. Son cœur a été arraché. Mes muscles se crispent, je suis terrifié. Outrepassant ma peur et mon dégoût, je continue mon observation. Je décrypte les traits de son visage harmonieux. Elle doit venir d’Asie, car ses yeux son bridés. Ses longs cheveux bruns sont collés à ses épaules ensanglantées. Je pose mes doigts sur son cou. Sa peau est glacée. Une inscription tailladée sur sa joue attire mon attention. Ce sont deux étoiles enlacées. Je fronce les sourcils. Je ne comprends rien. Mon esprit est embrouillé, j’ai la tête qui tourne.
Je m’assied lentement pour ne pas tomber et saisit ma tête entre mes mains. Des larmes coulent le long de ma peau sale et maculée de sang. Je hurle, j’appelle au secours, mais aucune réponse ne me parvient. Seul l’écho de mes cris désespérés résonne dans la pièce. Je me relève et court droit devant moi. Très vite, je heurte une paroi aussi dure et froide que le sol. Titubant, je fait le tour de la pièce en gardant une main collée à cette surface glacée qui me sert de prison. Je ne trouve aucune issue, pas la moindre faille sur ces murs qui m’oppressent. Mon souffle s’accélère un peu plus et je me met à trembler violemment. Une peur panique s’empare de tout mon être. Je m’effondre au sol et rampe jusqu’au cadavre qui se trouve au centre du carré. Je remarque un élément qui ne m’avait pas frappé quelques minutes plus tôt. Un couteau ensanglanté gît à environ un mètre de la jeune femme. Je saisit le manche et détaille la lame. Elle est très grande, tranchante et surtout, elle me donne des frissons dans le dos. Elle est imprégnée de quelque chose de malfaisant.

L’arme toujours serrée entre mes doigts, je m’allonge au sol, épuisé. Je pose ma tête sur les jambes du cadavre et ferme les yeux.
Pitié, que tout s’arrête. Je veux m’endormir et ne jamais me réveiller. Je veux oublier tout ce que je viens de voir. Je pense à ma sœur ainsi qu’à Aaron. Que font-ils ? Où sont-ils ? J’aimerais tellement sentir leur présence rassurante près de moi. Les ténèbres m’envahissent peu à peu. Dans mon semi sommeil, j’entends un léger déclic, mais je ne peux déjà plus bouger. J’ai usé mes dernières forces.
Après quelques minutes où le silence a reprit sa place, d’autres sons me parviennent, mais je n’arrive pas à les identifier. Je tente d’ouvrir les yeux, mais je ne suis plus maître de mon corps. Un courant d’air frais balaie mon visage. Une lueur d’espoir traverse mon esprit. Quelqu’un m’aurait-il trouvé ?
Soudain, une lumière éblouissante m’éclaire en plein visage. Je suis sauvé. Je suis sauvé...

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Chapitre 1  (Le prix du silence (en cours)) posté le mercredi 02 avril 2008 19:22

(Narration : Nathan)

 

Sept ans plus tard


J’avance à petits pas au milieu d’une forêt aussi noire que le ciel. Il fait froid, la nuit est tombée depuis plusieurs heures déjà. Mes membres tremblent, mais je n’y prête pas attention. Je continue à me frayer un chemin en plein cœur de cette obscurité qui affole mes sens. Au bout de quelques minutes, je débouche sur une immense façade. Juste devant moi, une porte, unique passage qui me permettrait de passer de l’autre côté de ce mur qui semble s’étendre sur plusieurs kilomètres. Je pose ma main sur la poignée et réprime un cri de douleur. Elle est brûlante. Ignorant ma souffrance, je tente d’ouvrir cette porte, mais c’est en vain, elle reste close.
Soudain, une lumière éblouissante apparaît derrière moi. Je me retourne instantanément et mon corps se paralyse sous la peur ressentie. Je veux bouger, je veux fuir, mais mes membres ne me répondent plus. Et cette femme est là, à me scruter de son regard lourd d’accusations comme à chaque fois. Sa peau est tâchée de sang. Elle s’approche lentement de moi. Le hurlement qui aimerait sortir de ma bouche s’étouffe au fond de ma gorge. Je suis pris au piège... Il n’y a aucune issue...


Je me réveille en sursaut et me cogne la tête contre la couchette d’en dessus. Je pousse un juron qui en dit long sur mon état d’esprit et me masse le crâne. Encore ce cauchemar qui me pourrit toutes mes nuits. Comme si le souvenir de cette soirée où ma vie a basculé ne me hantait pas déjà assez. Je me laisse retomber en arrière et m’étale un peu plus sur le vieux matelas qui me sert de lit depuis sept ans. L’homme couché au-dessus de moi m’insulte, mécontent que j’aie troublé son sommeil et replonge dans un silence de mort. Je déduis qu’il s’est rendormi lorsque j’entends sa respiration se stabiliser. Las, je me lève et agrippe de mes mains encore faibles les barreaux de ma cellule. Je plonge mon regard bleu dans l’obscurité du couloir. Voir tous ces autres hommes, emprisonnés tout comme moi, me donne la nausée. C’est exactement ça ! Cet endroit me dégoûte, me révulse, me révolte. J’y ai passé les sept dernières années de mon existence, gâchant ma jeunesse et mes premiers pas dans la vie d’un adulte. À maintenant vingt-cinq ans et quelques jours, je n’en peux plus de ces murs ternes et déprimants, d’entendre tous les jours les mêmes voix qui m’insupportent. J’en ai marre de cette existence monotone et de tous les autres détenus avec qui je n’ai rien en commun. Durant toute ma détention, je n’ai pas été foutu de me faire un seul ami. Mais ils ne sont pas comme moi. Je ne les comprends pas, ils ne me comprennent pas. Nos relations s’arrêtent là.

Je retourne vers mon lit et m’y assois. Je devrais être heureux. Oui je devrais. Car aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. C’est LE jour. Le jour de ma libération. Je devrais sauter de joie. Exploser. Hurler. Mais ce n’est pas le cas. C’est étrange comme les sentiments peuvent être contradictoires. Malgré toute l’horreur que m’inspire cette cage qui m’a privé de tout ce que j’aime, je suis terrifié à l’idée de mettre un pied hors de ces murs. J’ai terriblement peur. Une angoisse qui m’envahit tout entier et qui n’a pas l’air décidée à me quitter. Mais après sept ans coupé du monde, sans nouvelles de personne, c’est normal d’être effrayé. C’est un sentiment propre à chaque être humain. La peur de l’inconnu, la peur de découvrir que le monde a évolué, alors que nous, nous sommes restés à la case départ, loin derrière.

Et puis, plus j’y pense, moins je vois de raisons de sortir de ces murs. À quoi est-ce que ça servirait ?
Personne ne m’attend dehors. Personne. Qui s’est soucié de ma vie depuis que je suis ici ? Personne. Non, je ne suis pas défaitiste ! Mais après tout ce temps sans un seul petit mot de ma famille ou de l’un de mes amis, j’en suis arrivé à la conclusion qu’ils s’en fichent tous totalement que je pourrisse en prison ou que je sois mort. Je n’ai aucune raison de sortir de ce trou. Si c’est pour me retrouver dans un monde auquel je ne comprends plus rien, au milieu de gens qui me jugent sans me connaître, je préfère encore rester ici. Et ce que je veux éviter à tout prix, c’est de croiser le regard honteux d’un de mes proches. Ils doivent tous me prendre pour un assassin, Après tout, que vaut ma parole face aux accusations de la justice ?
Aucun d’eux n’a tenté quelque chose pour me sauver. Aucun. Pendant mon procès, les rares qui étaient présents n’ont pas agi, ils n’ont fait que me lancer des regards désolés. Rien. Pas la moindre intervention. C’est moi qui ai de la peine pour eux, Ils sont pitoyables. Et je ne veux pas de leur pitié. Je n’en ai pas besoin !

Les heures avancent, je compte les secondes qui défilent et me rapprochent du moment fatidique. Des hommes en uniforme s’avancent d’une démarche autoritaire dans le long couloir et s’immobilisent juste sous mes yeux. Je fronce les sourcils. J’étais sûr d’être libéré ce soir, pourtant la journée ne fait que commencer. Je les scrute, attendant une réaction de leur part.

-Nathan Morel ? me demande l’un d’eux.

Je hoche la tête.

-Debout ! Tu viens avec nous ! m’ordonne le même homme d’un ton catégorique en ouvrant la porte de la cellule.

Ils me menottent et m’embarquent avec eux dans ce long couloir que j’ai souvent parcouru, mais dans le sens inverse. Je fixe l’un d’eux à la recherche d’une réponse qui ne se fait pas attendre.

-Tu as de la visite, répond celui qui me guide en continuant à me pousser pour que j’avance.

De la visite... Il a fallu que j’attende sept putain d’années pour que quelqu’un se rappelle de mon existence...

Je franchis plusieurs portes en compagnie de ces hommes pour finalement accéder à la salle des visites.

-Tu as cinq minutes, m’informe l’un d’eux en ouvrant la porte.

J’acquiesce et franchit l’ouverture. Je reconnais mon visiteur à la seconde même ou mon regard se pose sur ce visage aux traits familiers. Toute la rancœur que j’ai éprouvée à l’égard de cette personne durant mon long séjour en prison s’évapore au rythme des pas qui me rapprochent d’elle. Elle est venue...

 

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Chapitre 2  (Le prix du silence (en cours)) posté le samedi 12 avril 2008 16:49

(Narration : Adalyn)

Je me réveille en sursaut. Encore ce cauchemar, toujours le même. Je suis simple spectatrice, je vois mon frère courir à sa perte. Je n’en peux plus, il hante mes nuits. Je m’en veux tellement de l’avoir abandonné, il y a sept ans de cela. J’ai honte. Un sentiment puissant qui m’envahit tout entière et qui me poursuit, où que j’aille.
Je me souviens encore quand j’ai appris que mon frère était accusé de meurtre. J’étais chez mes parents en compagnie de mon mari, Liam, et nous discutions de sujets banals quand quelqu’un a toqué à la porte. J’ai ouvert et je me suis retrouvée en face de deux agents du FBI. Je les ai menés jusqu’au salon, où nous débattions avant qu’ils ne viennent troubler le calme apparent qui régnait dans la maison. Je me suis assise sur les genoux de Liam et c’est à ce moment-là qu’ils ont tout déballé. Mes parents ont affiché une mine horrifiée. Ils étaient convaincus que Nathan avait tué cette femme. Cette Zahara Yuki. Mais moi je savais que c’était faux. Mon petit frère, ce pauvre gamin d’à peine dix-huit ans, doux comme un agneau, n’aurait jamais été capable de tuer quelqu’un. Jamais.
Mes parents étaient trop aveuglés par leur rancœur à son égard pour voir la vérité. Nathan était en mauvais terme avec eux depuis ses 16 ans, lorsqu’il leur a annoncé son homosexualité. Ils ne l’ont pas accepté et l’ont jeté dehors sans pitié aucune. Son petit ami, Aaron, l’a logé. Mais il allait mal. Il était malheureux de cette situation. Il était tellement fragile, il n’aurait jamais pu commettre un acte pareil. J’y croyais dur comme fer.

Pourtant, quelques jours plus tard, après avoir entendu maintes et maintes fois les discours de mes parents sur la culpabilité de mon frère, j’ai fini par être moi aussi convaincue qu’il était fautif. Et le FBI a fini de me persuader en me donnant toutes les preuves qui montraient que ce ne pouvait être que lui. Je n’en revenais pas.

C’est comme cela que nous nous sommes tous retrouvés au tribunal. Personne n’a rien dit. Personne n’a témoigné pour essayer de le sortir de là. Je voyais dans ses yeux la déception, mais surtout la terreur qu’il ressentait. Mais j’avais pris ma décision, et la conviction qu’il était coupable m’emplissait le cœur.

Une année plus tard, après avoir réellement réfléchi à la question, un doute a ressurgi. Je me suis sentie mal. Comment est-ce que je pouvais croire que mon frère avait tué une femme alors qu’il est la personne que j’aime le plus au monde ? Il m’a toujours aidée et soutenue. Il a toujours été là pour moi. Et moi je l’ai abandonné. J’ai été lâche. J’ai eu peur et je l’ai laissé sombrer sans lui tendre la main pour qu’il puisse se relever. Je l’ai trahi, et je sais qu’il ne me le pardonnera pas. En tout cas, moi je ne me pardonnerai pas. Je m’en voudrais d’avoir fait ça jusqu’à la fin de ma vie.
J’ai cogité pendant plusieurs mois, et plus les jours défilaient, plus je savais que je m’étais trompée. Il était innocent. Je l’ai toujours su. Mais je me suis laissée influencer, et j’ai perdu mon petit frère. Le seul être à qui je pouvais tout confier, le seul qui savait me redonner le sourire lorsque j’allais vraiment mal.

Un rayon de soleil vient réchauffer mon visage et je pose une main sur mes yeux. Aujourd’hui, il sort de prison. Mon frère. Il va enfin pouvoir construire quelque chose. Je m’en veux tellement. Je n’ai pas été lui rendre visite. Pas une seule fois en sept ans. D’abord parce que je le pensais coupable, ensuite parce que j’avais trop honte. Honte de mon erreur et de ma lâcheté.

Je me lève et m’habille. Je jette un coup d’œil vers le lit, qui est vide. Liam est déjà parti à son travail. Je me rends dans une autre pièce de l’appartement et prends dans mes bras mon fils, Noah. Il me sourit et se met à rire. À trois ans, il respire déjà la joie de vivre. C’est un vrai petit rayon de soleil qui me permet de tenir quand je me sens tomber dans la déprime. Je le porte et vais dans la cuisine. Je lui donne à manger puis je m’assois avec lui dans le salon. J’allume la télévision et je le laisse regarder quelques dessins animés pendant que je m’occupe l’esprit en rangeant les différents objets qui traînent sur le sol.

L’image de mon frère lors de son procès ne cesse d’envahir mon esprit. Ce regard désespéré qu’il m’a lancé me fend le cœur encore aujourd’hui. Je vais bientôt devenir folle. Ma culpabilité n’est pas prête de me quitter. Il faut que j’agisse.

La porte d’entrée s’ouvre et Liam apparaît. Je souris en le voyant. Il n’a pas changé depuis notre rencontre. Ses cheveux roux sont toujours aussi flamboyants et ses yeux bruns reflètent le même mystère. Je saute dans ses bras et il me rattrape en rigolant. Il dépose un baiser sur mon front et me repose au sol. Je mets mes mains derrière mon dos afin de cacher mes doigts et lui demande de me rejoindre à la cuisine. Je m’assieds sur une chaise et attends qu’il arrive. Je glisse mes mains sous la table afin qu’il ne puisse pas les voir. Ça va faire une semaine que j’ai perdu notre alliance et je sais que s’il le remarquait, il entrerait dans une colère noire comme il en a le don. Je préfère éviter une scène.

Cinq minutes plus tard, il me rejoint, tout sourire et s’assied en face de moi. Cette marque de joie s’efface immédiatement lorsqu’il voit ma mine déconfite et qu’il pose son regard sur le calendrier. Il sait aussi bien que moi l’événement qui est lié à cette date. Sept ans. Jour pour jour. Sept ans que mon frère à été condamné. Mais aujourd’hui c’est encore plus spécial. Parce que sa peine prend fin. Il va sortir. Et je dois me racheter.

-Adalyn, commence Liam en me lançant un regard encourageant. Tu devrais y aller. Tu en as besoin, et lui aussi. Il sort de prison, ça va faire sept ans qu’il croupît là-bas. Il a besoin de quelqu’un pour le guider.

Je sens les larmes me monter aux yeux. Liam a raison. Mais c’est tellement dur. Je ne veux pas voir le regard dégoûté et haineux de mon frère posé sur moi. Je ne le supporterai pas. Je l’aime tellement, mais je l’ai trahi de la pire des manières. Je lui ai fait du mal.

-Va le voir, reprend Liam et se levant, il est temps que tu lui fasses une visite. Je t’emmène.

Il contourne la table et m’oblige à me lever. Il me tend mon manteau puis se dirige vers la sortie. Je le retiens pas le bras et l’embrasse tendrement. Il m’a soutenue lorsque j’étais la seule à croire Nathan innocent. Il m’a épaulée et maintenant il me fait revenir à la réalité. Je dois réparer mon erreur. Je vais être là pour mon frère à sa sortie. Même s’il ne veut pas me voir. Même s’il ne veut plus de moi. Même s’il me hait. Je serais là pour lui.

Je monte dans la voiture et Liam démarre. Il sert fort une de mes mains pendant tout le trajet pour me rassurer. Je ne sais pas ce que je serais devenue sans lui. J’aurais sûrement fait n’importe quoi.

Nous arrivons devant ce lieu qui me rappelle tous les démons qui me hantent. Je sors de la voiture, fébrile. Liam entoure mes épaules d’un bras protecteur et me conduit jusqu’à l’entrée. Je pose ma main sur la poignée, mais j’interromps mon geste lorsque je l’entends repartir.

-Liam ! Ou est-ce que tu vas ?, je lui demande, anxieuse.

-Je ne viens pas avec toi. C’est ton frère, tu dois y aller seule. Sois courageuse !, me répond-t-il en m’envoyant un baiser. Je t’attends dans la voiture. Prends tout le temps qu’il te faut.

Il marche jusqu’à la voiture et me lance un dernier regard optimiste avant de disparaître derrière la portière.

J’inspire un grand coup et je pénètre dans ce bâtiment qui me donne la chaire de poule. Je m’avance jusqu’à l’accueil et je demande à rendre visite à mon frère. Lorsque toutes les modalités sont réglées, un homme en uniforme m’emmène dans la salle des visites et me désigne une table à laquelle je m’assois. Je tapote des doigts sur la surface de bois, paniquée. Tout un tas de questions déferlent dans mon esprit.

Soudain, la porte s’ouvre et il apparaît. Il pose son regard sur moi et je me fige. Je le vois dans ses yeux, il me déteste. Je le comprends. Comment pourrait-il ressentir encore une quelconque empathie à mon égard ? Il s’approche lentement jusqu’à qu’il arrive juste devant moi. Il s’assied et me fixe. Je suis incapable de bouger. Une larme coule le long de ma joue. Je le détaille. Il n’a pas changé. Ses traits sont un peu plus rudes, plus agressifs, sûrement à cause de son séjour ici qui l’a endurci. Ses cheveux noirs, en bataille, cachent son front. Ses yeux autrefois d’un bleu éclatant sont ternes. Mon cœur se serre. Je n’ai rien fait pour éviter ça. Cette étincelle de bonheur qu’il avait toujours au fond des prunelles a disparu, remplacée par une souffrance et une tristesse profonde qu’il essaie de cacher tant bien que mal.
Il est toujours ce gamin innocent, naïf et pur. Il a simplement construit autour de lui une forteresse pour pouvoir surmonter les épreuves qu’il a dû subir.
J’avance une main dans sa direction, mais il esquive mon geste. Je baisse la tête, penaude, puis plonge mes yeux dans les siens.

-Nathan...

Cette plainte m’a échappée dans un murmure que lui seul a pu entendre. Ses sourcils se froncent et il tape rageusement sur la table. La colère et la rancœur bouillonnent dans ses yeux. J’éclate en pleurs. Je suis désemparée.

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